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Post Mortem à la cerise (ou comment j'ai changé d'éditeur)

Publié le par Joanne

Post Mortem à la cerise (ou comment j'ai changé d'éditeur)

Paru chez Mon Petit Éditeur en avril 2013, disponible là.

Voici mon deuxième bouquin, sans doute un peu la suite du premier malgré moi. Mais tout de suite, direction la quatrième de couverture :

"En nous considérant, tous, autour de cette table, j'eus un pincement au coeur. Nous étions là, nous les jeunes adultes typiques devenus amis suite à des histoires de baise et d'alcool, fauchés, plein de doutes, un peu tristes et toujours prêts à nous envoyer n'importe quelle substance, pourvu qu'on oublie nos personnes. C'était touchant et surtout très bête. Mais aucun de nous n'avait d'alternative. Nous ne connaissions ni le problème, ni la solution, mais nous laissions tout brûler, et nous avec. Pour voir."

C'est l'histoire d'une fille qui s'en fout. Qui aurait bien voulu surtout. Alex est une jeune femme qui ne croit plus en rien, surtout pas en l'amour. À une époque où le cynisme est de mise, elle se contente de survoler la vie, une cigarette à la bouche, sans jamais se retourner. Mais Raphaël va lui apprendre à ses dépens qu'on ne peut pas échapper à ses sentiments. Sur fond d'alcool, de nuits blanches et de rencontres hautes en couleur, il déclenchera en elle une longue bataille entre passion et survie dont l'issue restera, jusqu'au bout, incertaine.

Ouais, ça en jette. Il est sorti en Avril 2013, à compte d'éditeur chez Mon petit Éditeur (filiale de Publibook). Pourquoi ai-je changé d'éditeur, me demanderas-tu ? Remettons les choses dans l'ordre. Au moment où l'idée de ce livre me vient, mon premier bouquin est sorti depuis, quoi, six mois, tout le monde l'a oublié (moi avec) et je considère cette entrée dans le monde livresque comme un one-shot chanceux.

Pas plus.

Mais, j'm'ennuie moi, à la fac.

Alors j'écris un autre bouquin.

Puis, j'm'ennuie moi, à la fac.

Alors j'envoie le tapuscrit à Publibook.

Et là, consternation abjecte, mon doux et bienveillant éditeur me propose un contrat à compte d'auteur (dans les 500 boules, bien moins cher que les autres contrats de ce type, mais tout de même coûteux). Dépression, mal à l’ego, aussi. Puis le directeur de Publibook mentionne Mon Petit Éditeur, filiale de sa maison d'édition, ne fonctionnant qu'au compte d'éditeur. Il transmet, je tergiverse, ils trouvent le tapuscrit top. Et BOUM. Le travail éditorial commence, aussi relatif que la première fois, mais au moins, j'ai une grande liberté dans mes choix artistiques (pour la couv', c'est encore Mélissa qui s'y colle) et le tout se boucle assez rapidement. Quelques mois plus tard, le v'là, mon deuxième chef d'oeuvre ! Je suis contente, même si niveau pub et com, on est un peu (BEAUCOUP) livré à soi-même. Certains diront que cette maison ne fait pas son travail, moi je crois qu'elle tient ses promesses et vous propose un début réel dans le métier d'auteur. Si tant est bien entendu qu'on la prenne pour ce qu'elle est : un TREMPLIN modeste. Nombreux sont les écrivains en herbe à attendre, manuscrit au tiroir, d'être remarqué par Gallimard-ou-rien, mais gardons à l'esprit qu'il faut faire la part des choses : chacun aura sa propre expérience, et pour ce faire, il FAUT commencer quelque part. Ce que j'ai fait, pudiquement, avec Publibook et MPE. Ouais, ça craint un poil du boudin, mais ça m'a permis de mettre un orteil dans le milieu, d'apprendre à écrire et à me confronter au public, et il est certain que ma plume de l'époque ne méritait pas forcément mieux. Alors bon, c'est pas encore Grasset, mais on avance, on progresse, on apprend, (grâce à eux, par exemple) et comme je fais mon chemin, maintenant je peux te donner des conseils si tu veux te lancer. 

Et même que bientôt, j'aurais assez de fric pour t'inviter à nager dans le champ' avec moi ! (Ou dans du mousseux, c'est bien aussi, le mousseux).

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Becker Caroline 03/03/2014 19:46

Comme pour '' mets moi en pièce '', j'ai trouvé ce livre riche et profond ... d'une qualité littéraire peut-être plus travaillée que le premier mais tout aussi authentique ... dans l'instant et spontané... A fleur de peau et reflétant avec un œil caustique parfois mais sans moquerie notre société ...
Je ne suis pas d'accord avec le commentaire précédent ... pour moi, ce n'est pas triste, c'est une prise de conscience et une remise en question qui amène à autre chose ... c'est ce qui manque à beaucoup de gens ! Et, cela est fait subtilement et je vais dire avec une sensibilité feminime peut être coup de poing mais avec le recul de la femme en profonde introspection et prenant du recul grâce à son expérience et son vécu ... Juste magnifique !! Bravo

Tristanagost 05/02/2014 16:57

j'ai fini ton livre.
Ton écriture est fantastique. C'est très beau, vraiment...et bien construit. De belles métaphores tout le long de ce mini roman.
Pour ce qui est que fond, qu'est ce que c'est triste!!!
Je ne t'imaginais pas ainsi, parce que j'imagine que c'est un peu toi...décrite dans ces lignes.
L'histoire est très intéressante, instructive même parce que nous n'avons pas vécu le même parcours. Pour rejoindre mon mari j'ai travaillé tôt et j'ai étudié après. Je n'ai pas connu ce désœuvrement, ni la drogue, ni les soirées. Tu as si bien expliqué les rouages de cette euthanasie spirituelle que j'en sors avec plus de compassion...
C'est quand même triste de voir les jeunes déposer les armes si vite alors qu'ils ont la santé, la beauté, la jeunesse...
J'espère que tu vas bien à part ça. j'ai bien envie de lire d'autres textes de toi. N'hésite pas à venir papoter. heureuse d'avoir fait ta connaissance. tu es un auteur de talent

Joanne 05/02/2014 17:00

Merci Céline pour ce beau message qui me va droit au cœur !
C'est bien ce que tu dis sur la compassion, c'est un peu le but de ce récit, faire voir les jeunes d'aujourd'hui et la drogue d'un œil neuf, d'un œil interne et neutre.
Un peu moi ? Oui et non.
Disons que je me sers de certaines émotions pour écrire des choses, mais l'histoire n'appartient qu'aux personnages.
Enfin voilà merci encore pour ce témoignage.