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Conseils pour écrire, se faire publier, faire du business

Publié le par Joanne

Tout d'abord, je tiens à t'informer, Lecteur, que cet article sera long, actualisé au fil du temps (au gré de mon expérience perso) et qu'il est, bien évidemment, subjectif. Moi vouloir aider toi, dans les limites du stock disponible et selon mes propres galères.

Conseils pour écrire, se faire publier, faire du business

Pour commencer, même si l'écriture est un élan personnel, pour progresser, il faut sortir de sa grotte et apprendre des autres. Rien que pour savoir si on a du talent, si ce qu'on écrit c'est pas de la grosse crotte molle, c'est bien d'échanger avec d'autres écrivains en herbe. Sur ce forum par exemple ! Ils sont gentils, ne mordent pas (pas toujours) et sont un puit de science et de progrès. Mon conseil à moi pour la partie REDACTION, c'est d'être sincère avec soi, d'écrire des choses qui nous plaisent, nous ressemblent, des choses qu'on aimerait lire soi-même. Quand je doute de la direction à prendre, je me répète ceci : "Je vais écrire LE bouquin que j'aurais aimé trouver en librairie". C'est peut-être idiot, mais ça motive. De toute façon, quand on écrit dans le style de... ou sur tel sujet parce qu'il marche en librairie, ça se voit et c'est souvent médiocre. Ensuite, il faut que ce soit cohérent, abordable, des choses que l'on pourrait comprendre soi-même, si l'on n'avait pas la casquette d'auteur. Pour ça, on peut demander à ses amis de lire ses textes. Il ne s'agit pas de savoir s'ils les aiment (quoique, ça encourage) il s'agit de savoir si la trame est claire. Les personnages vivants. L'histoire intéressante. Si ce n'est pas le cas, on prend de la distance, et on recommence. On ne se décourage pas, même si dans ces instants d'incertitude, on peut ressentir le syndrome de la page blanche. Quand la trame ne pine plus et que le fond est correct, c'est au tour de la forme de se faire ravaler la façade. Pour ce faire, c'est lecture, relecture, corrections, lecture à haute voix, corrections, ajouts et rebelote... Mon ami dans cette étape-là, c'est le dictionnaire des synonymes. Et de la musique, pour se remettre dans l'état d'esprit nécessaire à la rédaction de tel ou tel chapitre. Bref. Entre un premier jet et quelque chose de vraiment bien, il passe assez de temps et de travail pour que l'on ait appris son texte par cœur, qu'on l'ait haï, puis redécouvert, puis adoré, puis détesté, puis remanié etc. Et là, quand on ne peut plus se le voir, son texte, c'est que théoriquement on arrive à la fin de la partie rédaction... ou qu'il n'y a rien à faire, et qu'il est temps de le foutre à la poubelle. Définitivement. Voire de tout lâcher, d'un coup, HOP, parce qu'une nouvelle idée a jailli de nulle part. 

Après, si l'on veut mettre les pieds (ou au moins, les orteils) dans le monde éditorial, faut savoir ce qu'on fait, et éviter les pièges. L'ÉDITION, c'est pas un conte de fée...

Conseils pour écrire, se faire publier, faire du business

Pour entamer une étape ÉDITION, donc, il faut être bien averti/avisé. C'est une véritable guerre pour laquelle il faut se tenir prêt. On peut l'être grâce aux conseils de WrathStoni ou Jean-Fab (même que le 1/200 dont parle l'article, c'est celui-là) ! Ce que je peux dire, moi, c'est qu'il faut tout d'abord s'orienter vers des maisons d'édition qui nous ressemblent. Si on écrit de la SF, on n'envoie pas son manuscrit à P.O.L, si on est branché djeun's/trash/délire, le Temps des cerises ne sera pas pour nous, et si on est sensible, on évite le Dilettante. Les maisons d'édition, c'est comme les collègues de bureaux : chacun son poste, son caractère, son rôle, son histoire. Tout ça s'apprend assez vite. Pour commencer, le genre dans lequel on sévit, et donc qu'on lit, est sans doute publié chez certaines maisons qui ont une ligne éditoriale précise : c'est le début d'une piste ! Ensuite, dans ses recherches, il faut PROSCRIRE les maisons qui font du contrat à compte d'auteur : elles nous aguicheront avec des compliments et des promesses, mais tout ce qu'elles veulent de notre part, c'est un chèque. Si on a les balloches (et le temps et l'argent), on peut tenter l'auto-édition, mais selon moi, le mieux reste de trouver un éditeur À COMPTE D’ÉDITEUR. C'est dur, c'est long (OULALAH) mais c'est ce à quoi il faut aboutir. Son boulot est de tout financer, de corriger, de faire la promo, de diffuser, de fabriquer, de vendre le bouquin. Dans le meilleur des cas, l'éditeur remplit chacun de ces rôles avec SÉRIEUX.

Après, on doit être prêt à faire des compromis (et des ERREURS).

Mes deux premiers éditeurs (Publibook et MPE) étaient par exemple assez nuls en ce qui concernait la promo (bon, et tout le reste), c'est donc moi qui m'en suis chargée. Le troisième (Hugues Facorat), c'était de la micro édition : pas de présence en librairie, pas de diffusion, pas de visibilité. Pour vendre un peu, j'ai donc dû me retrousser les manches. C'est pas l'idéal, mais quand on est jeune et motivé, c'est faisable - qu'on ne s'emporte pas, tout seul, on est chanceux quand on vend 100 exemplaires. C'est un début, ça donne une idée du métier, puis soyons honnêtes : ça fait palpiter le cogneur de voir son manuscrit publié. Mais bon... si on compte se faire un nom et être reconnu, ça ne suffit pas. Certains (les poissonniers) diront que les petits éditeurs, c'est mieux que les grands parce qu'ils sont humains et généreux et à part, mais on doit ces tirades lyriques à la mauvaise foi : il est plus classe de trouver son éditeur génial que d'avouer qu'on est chez lui parce que Gallimard ne veut pas de nous. Évidemment. Puis ce mythe des géants méchants est perpétré, bien souvent, par des wannabes qu'en ont jamais vus de près, des géants méchants. À part en rêve ou sur des blogs !

Conseils pour écrire, se faire publier, faire du business

Bref... c'est triste mais le monde de l'édition est si difficile à infiltrer que bon nombre de wannabes perdent toute dignité (moi la première à mes débuts). On veut trouver un éditeur à tout prix, même s'il est petit, escroc, médiocre, sans diffuseur, parce qu'on est prêt à tout pour percer (voire parce qu'on est mal renseigné, et qu'on croit que c'est la norme). J'ai même lu - je ne dirai pas où - des choses genre : Bidule est un éditeur honnête et bienveillant car il ne fait pas payer ses auteurs comme c'est le cas parfois, et je me considère très chanceux de travailler avec lui ! Sous-entendu, l'éditeur en question est pas terrible, mais bon, c'est pas du compte d'auteur, alors tout va bien...

Allez, on se lance, malgré tout.

Bien évidemment, les recherches doivent tout de même viser ces maisons de petite à moyenne taille (dans la mesure où elles sont sérieuses). C'est bien pour débuter, et pour un premier roman, il est difficile de prétendre à mieux. Mais n'oublions pas que ce mieux, c'est un éditeur solide et connu : bon, avec cette logique pourtant, on va droit dans le mur. Si on se lance chez les géants uniquement (Grastock, Gallimarion, Noël de Plon...) on risque de finir fort déçu et flétri. Bah ouais, ces maisons reçoivent des dizaines de manuscrits par jour, beaucoup partent à la poubelle illico, et il est hautement improbable d'être édité chez un géant quand on est personne. Mais comme nous bâfrer des refus type H24 ne nous effraie pas, on tente notre chance quand même. En même temps que des choses plus réalistes. DONC, selon moi, il faut se constituer une liste de maisons sympas, de toutes tailles, qui aimeront potentiellement nos écrits (une trentaine, c'est bien, plus, c'est mieux). Et BAM, on envoie son manuscrit. À ce moment-là, il n'y a plus qu'à patienter. Sans trop se ronger les ongles, car le microcosme de l'édition a une notion du temps particulière et on finirait par se ronger les clavicules qu'on n'aurait pas encore obtenu la moindre réponse. Si on est chanceux (ou talentueux, tout n'est pas qu'une question de chance), on nous contactera par mail ou téléphone pour nous proposer un contrat.

HALLELUJAH !

Mais là encore, prudence, il y a des pièges à éviter. L'éditeur publiera en l'état, ou il nous demandera d'effectuer des modifications, en vu de nous publier plus tard (ce qu'a fait Tibo pour ma Marquise). Il ne faut rien lâcher à ce moment-là, même si c'est dur : on se reposera quand on sera mort. Euh... signé, j'veux dire quand on sera signé.

Enfin, se reposer... jusqu'à l'étape du travail éditorial, quoi...

Un exemple : les Punchlines de Thug de Tibo !

Un exemple : les Punchlines de Thug de Tibo !

Le travail éditorial, c'est quoi ?

Ça comprend les corrections, les retouches, les modifs et cie. L'éditeur va éditer : il pourra nous demander de transformer ou de réécrire certains passages de notre oeuvre, de virer des personnages, de changer la fin, la conjugaison, le point du vue, j'en passe et des meilleures. S'il est sérieux, tout se négocie. On fait une liste des points de fond à améliorer, puis quand on tombe d'accord, on replonge le nez dans le manuscrit pour y mettre de gros, GROS coups de pioche par-ci, par-là. On échangera plusieurs versions du manuscrit avec l'éditeur. Chacun fonctionne différemment. Chez Sarbacane, une fois que la globalité fonctionne (personnages, structure, intrigue) on a une version Word surlignée du texte qui s'attaque au style et à l'orthographe, puis une dernière version papier annotée au crayon - pour les détails. Encore une fois, s'il est sérieux, l'éditeur vous proposera beaucoup de corrections (c'est son boulot, après tout) mais vous serez libre de les accepter, ou non. Et ce sera bien évidemment GRATUIT. Il y aura aussi un projet concernant la couverture, le résumé, la biographie. Parfois on a un droit de regard, parfois pas. Le processus est assez LONG, plusieurs mois, et peut même durer des années. Puis après, quand le bouquin est sorti, qu'on est dedans jusqu'au cou, bah c'est la teuf (et l'angoisse) !

Conseils pour écrire, se faire publier, faire du business

Là, on peut se faire des copinous auteurs, échanger avec eux et se lancer dans la partie showbiz de sa life (les détails de la mienne sur ta droite, plus haut). Même que les lecteurs vont commencer à s'intéresser à notre boulot, à le critiquer en bien ou en mal. Puis on va recommencer ce cirque depuis le début pour un prochain bouquin... et peut-être qu'à force de les enchaîner, on pourra faire de l'écriture son métier et avoir droit aux clichés qui vont avec. Si tu veux partager ton expérience, me poser une question, ou donner ton avis, c'est juste en dessous, dans la partie Commentaires.

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ARNOULT Noëlle 04/10/2016 22:19

Tout est bien vrai, on le sait bien si on le vit...

Seb 23/02/2016 15:29

Pas mal du tout et très réaliste ! Merci.

Camille DENEU 15/12/2013 10:10

Merci pour cet article intéressant et encourageant, Joanne :)
Depuis notre dernière discussion, plusieurs chroniques sur le net et un article dans la presse. Je continue mon travail d'attachée de presse avec davantage de baume au coeur!

À bientôt,

Camille

Françoise Nore 20/11/2013 19:26

Excellent ! J'adore votre ton, vos remarques tout à fait pertinentes, vos photos, délires, etc. C'est cash et bien vu. Bravo !

Joanne 21/11/2013 11:50

Merci Françoise !