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Zen, restons Zen

Publié le par Joanne

Ça fait New Age ce que je raconte là, non ? Ou fan de Zazie ? Et pourtant, cette marotte m'est nécessaire depuis ce matin, quand un élément perturbateur est venu froisser ma routine de névrosée. Bon, il est nécessaire de le dire, j'ai un tempérament pointilleux, exigeant, rigide (dans l'écriture du moins) et j'aime anticiper/ordonner/décider, BREF, régner sur mes projets et manuscrits comme un Louis XIV des temps modernes. Sauf que des fois, ça se passe pas comme on veut. Ce qui mérite bien... une dino-face :

Zen, restons Zen

Explication : ceux qui suivent ma page facebook avec autant d'assiduité que Plus Belle La Vie ne sont pas sans savoir qu'en ce moment, je bosse sur une deuxième version de Halloween, roman jeunesse destiné à mon éditeur actuel, Sarbacane.

(C'est tellement la classe de dire ça, l'air de rien)

Pour la petite histoire, j'ai reçu début mars un premier retour de la lectrice de Tibo et... pas top. En gros, malgré quelques points forts, les personnages sont trop "mesquins", l'intrigue manque de matière et l'enjeu est faible. Je me suis sentie abattue, puis finalement, après avoir digéré le mail, j'y ai répondu en proposant des solutions et des pistes. Contente de ma "belle réactivité", la lectrice m'a proposé qu'on se téléphone et semblait enthousiaste. On s'est appelées le lendemain. Elle m'a félicité pour mon attitude et mes propositions, on a discuté du roman et de ce que je pouvais ajouter/reprendre, et elle a conclu en me disant qu'elle avait hâte de lire la nouvelle version. Ascenseur émotionnel, du coup, avec des leçons comme 1 - Ce n'est pas parce que tu as fait ton entrée dans une maison d'édition que tu es arrivée et 2 - L'écriture seule ne suffit pas, c'est l'attitude fasse à elle qui compte. Parce qu'au fil de la discussion, la lectrice ne m'a pas caché que si je n'avais pas répondu à son mail comme je l'ai fait (si les critiques m'avaient parues injustifiées ou insurmontables, par exemple), elle n'aurait pas proposer de m'appeler. Frustrée, j'aurais sûrement eu plus de mal à trouver les idées pour la suite. Bref, selon elle, l'avis de l'éditeur ne fait pas tout, c'est aussi la motivation de l'auteur et son adaptation qui scellent le destin d'un projet. Je prends bonne note !

DONC, les followers de ma page FB (la meuf qui utilise trop mal le champ lexical des réseaux sociaux) n'ignorent pas non plus que je me suis plainte, récemment, de rêver de l'intrigue d'un bouquin sans m'en rappeler au matin. Ces deux événements ne semblent, à priori, pas corrélés, et pourtant... je suis motivée pour Halloween, dont je projette d'envoyer une seconde version à Sarbacane fin avril. Puis commenceront les corrections au Stabilo pour Marquise. Ensuite, cet été, je retravaillerai le manuscrit Chick-Lit que je mentionne  et  (et pour lequel il faudra trouver un éditeur littérature générale, la barbe). Bref, j'ai du boulot, mais tout est bien planifié au jour près, et c'est dans ce genre d'environnement stable que je prospère gaillardement. Être barjeot.

Zen, restons Zen

Mais revenons à Halloween. C'est un huis clos dans un pavillon, où une classe de Terminale se réunit un an et demi après le bac, pour fêter Halloween. Au programme : alcool, rivalités, musique, vieilles rancoeurs, amours inachevés... sauf que peu à peu, les invités se transforment en ce en quoi ils sont déguisés. J'adore ce projet, j'y ai mis plein de choses (l'univers de Las Vegas Parano rencontre les monstres de Tim Burton, ça vous parle ?). Mais voilà : les corrections avancent lentement, ça pinaille, ça merdouille. Et PAF, aujourd'hui au réveil, l'intrigue du roman rêvassé (celui qui m'échappe tous les matins) s'est lovée dans mon esprit ! Genre, j'ai un plan détaillé, des personnages précis, un titre, la fin, le début, des scènes, TOUT. Y'aura du pervers narcissique, des OVNIS, des paris stupides, des lycéens pas clairs, des reptiliens, des liaisons dangereuses, bref, une tripotée de trucs chouettes. L'excitation liée à ce nouveau projet (qui ressemble à s'y méprendre aux débuts d'une idylle) me fait cela :

Alors que fais-je de Halloween ? Une rupture à la c'est pas toi, c'est moi ? Est-ce que je le fous au placard pour me lancer à corps perdu dans le nouveau manuscrit (au risque de l'y oublier) ? Ne serait-il pas plus sérieux de finir ce que j'ai commencé, même si je dois me forcer un peu ? Faire les choses dans l'ordre ? Chamboulé-je mon programme écritorial pour céder à ce caprice du jour ? Est-ce mauvais signe pour Halloween ? Genre Mademoiselle Brouillon mauvais signe ? Y reviendrai-je jamais ? Suis-je prête à entamer la rédaction d'un nouveau projet ? Sans compter qu'à côté de ça j'ai le manuscrit Chick-lit à bosser. ET ma vénérable Marquise. Puis un autre projet en tête dont je parle vaguement ici. Bon, vous l'aurez compris, cet article traite de trois choses :

1 - Mon actu (mince, après tout, c'est MON blog)

2 - Mes tracas et pleurnicheries (mince... cf plus haut)

3 - Le métier d'auteur demande de s'adapter, sans arrêt

Oui, il faut être ordonné et rigoureux, complétement barje parfois, et pourtant à côté de ça, il faut se montrer souple. L'art ne se quantifie pas, ne se décide pas davantage, l'inspiration n'est pas un ouvrier à qui on donne des ordres. Alors un auteur doit naviguer entre précision et feeling, ordre et improvisation, le brouillard et les flammes. 

Zen, restons Zen

Et c'est difficile. Sans zapper qu'il faut jongler avec ses envies, ses obligations, la promo, l'éditeur, le temps dans le monde de l'édition, son impatience, les fulgurantes pulsions pour un projet, le désintérêt pour un autre, l'impression d'être bloqué entre plusieurs... BREF, je n'apprends rien aux auteurs et je casse les pieds des lecteurs, mais VOILÀ : ce n'est pas évident tous les jours ! Pour en revenir à celui d'aujourd'hui, de jour (Oscar de la transition la plus immonde de tous les temps), voici un conseil fort sage : quand on est coincé entre deux chemins et qu'on n'arrive pas à en choisir un (continuer la correction de Halloween ou entamer un nouveau manuscrit), on envoie paître les deux pour en arpenter un troisième (genre rédiger un article de blog à la con). GODDAMN.

Morale : je vous avais prévenus, je suis névrosée.

Mais ça fait un BIEN FOU de le clamer sur son blog <3

EDIT du 09/06/2016 : j'ai cédé à l'appel du nouveau projet... et je crois que j'ai bien fait, la preuve

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Magalie 18/03/2016 12:08

Courage, tu vas trouver la solution. Comme tu dis, faut pas se forcer en écriture.