Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

J'ai testé pour vous : le théâtre d'impro

Publié le par Joanne

L'histoire débute un soir d'octobre 2015, où j'écrivais ceci :

Bon, je vais être honnête avec vous, dans deux heures, je vais prendre mon premier cours de théâtre, et je suis... tétanisée. Alors forcément, je l'écris (chacun son truc). Et pourquoi que je m'inflige ça si ça me met dans tous mes états, me direz-vous ? Eh bien... pour PROGRESSER. Ça va peut-être vous choquer, mais je suis une meuf plutôt anxieuse, voire même carrément pétée du casque (pire que le lapin blanc d'Alice), et plutôt que de claquer mon pognon chez un psy, j'ai décidé de mêler l'utile à l'agréable. Le théâtre, ça me semblait audacieux, ludique, sympathique... BREF, la parfaite parade.

Ouais mais voilà, à quelques heures du truc, je me sens comme ça :

J'ai testé pour vous : le théâtre d'impro

Pourquoi ? Parce que j'ai peur, évidemment. Peur de l'échec, peur du ridicule, peur de l'inconnu, peur de... j'ai même bien peur d'annuler, à force. À la place, pour ne pas craquer, je vais plutôt dresser les trois raisons qui justifient de tenter le coup. Let's go :

L'ART

L'idée est de s'ouvrir à de nouvelles formes d'expression, de développer sa créativité en apprenant des choses. Ça peut passer par le théâtre, la peinture, la danse... bref, le tout est de cultiver ce qui dort dans chacun de nous et d'acquérir de nouveaux outils, voire, de perfectionner ceux qu'on possède déjà. Et puis perso, y'a aussi le fait que ma carrière littéraire décolle, je dois donc apprendre à me "mettre en scène". Bah ouais : pour être auteur, faut écrire (duh !), mais il faut aussi faire sa promo, arpenter les Salons, avoir un bon rapport à l'autre et de l'éloquence... et il est difficile de s'épanouir dans cette partie du métier quand on a l'aisance sociale d'un ragondin épileptique. 

L'AUTRE

Deuxième point, l'autre. Enfin pas l'autre, l'autre. L'autre et moi. Son regard sur moi, plus précisément. C'est flou ce que je raconte ? OK. Déjà, établissons ceci : ma zone de confort, vis-à-vis de cet autre, elle est carrément nulle. Je suis persuadée (comme pas mal de monde) qu'il va porter sur moi un regard pesant, dégueulasse. Il est temps que je réalise que son regard est en fait... neutre. Voire bienveillant. Et comme dans un cours de théâtre, on va tous se reluquer gentiment, c'est l'occasion d'en prendre conscience une fois pour toutes. (Et de se faire de nouveaux copains gentils, qui sait).

J'ai testé pour vous : le théâtre d'impro

MOI

Dernière raison, et pas des moindres : moi. Je pense que certains se reconnaîtront dans les propos suivants : je suis stressé(e), j'ai un besoin maladif d'avoir le contrôle, dès qu'un élément m'échappe, je panique. On est des névrosés typiques de nos sociétés modernes. Et à ce titre, on croit en cet adage totalement con mais peut-être vrai : soigner le mal par le mal. Ça donne donc : j'ai peur de faire entendre ma voix ? Eh ben je vais parler en public ! J'aime pas qu'on me regarde dans la rue ? Eh ben je vais me donner à voir volontairement. Je ne sais pas lâcher prise ? Eh ben je vais pratiquer une activité où on ne peut rien contrôler. Sur le papier, tout ça est très chouette... il faut maintenant que je bouge mes fesses pour vérifier si mes théories sont justes. Pour vous, c'est à la ligne du dessous (après un dernier Aaron Taylor-Johnson, parce qu'il le vaut bien), pour moi, c'est  suite à un challenge comme je me suis rarement lancé.

J'ai testé pour vous : le théâtre d'impro

Pfiou, voilà, c'est fini ! Alors, qu'est-ce qu'on a fait avec Monsieur J ? 

Primo, on a marché à travers une pièce - et trente personnes - puis on fait des "chaines humaines" avec des associations d'idées. Ensuite, on a discuté de sujets absurdes en groupe de trois, le tout en prenant le parti du "c'est impossible", "ça dépend" ou "j'vois pas le problème". On a raconté des histoires sans fin, aussi, et à la fin (du cours) on improvisait carrément des scénettes à plusieurs. Genre... DEVANT... TOUT... LE... MONDE. Dit comme ça, ça effraierait franchement le petit moi du début de l'article.

En vrai de vrai, c'était juste grandiose !

La "sortie de soi" est progressive, et surtout encouragée par les autres. Je suis soufflée par le pouvoir de l'énergie de groupe : étant une adepte de la réclusion artistique, cette notion me passait au-dessus de la tête, et bizarrement, dans le feu de l'action, elle prend tout son sens. Le potentiel de chacun m'a impressionnée (même les types genre lunettes, tête dans les épaules et regard fuyant, ils en ont grave). Et puis ce qui m'a éblouie, c'est ce que je me suis vue accomplir. Attention, je ne me suis pas transformée en Isabelle Adjani, non, mais j'ai osé. Pour illustrer, à un moment, je me suis levée, j'ai dansé le disco, et quelqu'un m'a glissé un billet imaginaire dans le slim. C'est curieux : l'ambiance dans un cours de théâtre fait que tu es dans l'agir, pas le je-cogite-j'anticipe-je-flippe. D'où le dépassement de soi. Le bilan est donc POSITIF et j'ai hâte d'y retourner la semaine prochaine ! Et pour info, nos profs, ce sont ces deux lurons :

Photo par Virginie Strohmeyer

Photo par Virginie Strohmeyer

EDIT du 25/06/2016

C'est tellement cool tout ça qu'hier, après un an de cours et de beaux souvenirs (puis des rencontres géniales), Monsieur J et moi on est montés sur scène devant public. Si si, c'est vrai. Et même que le théâtre, l'année prochaine, on continue avec la troupe !

J'ai testé pour vous : le théâtre d'impro

EDIT du 17/11/2016 : Même plus peur de monter sur scène, aujourd'hui (presque)...

J'ai testé pour vous : le théâtre d'impro
J'ai testé pour vous : le théâtre d'impro

EDIT du 25/01/2017 : on n'arrête pas le progrès !

Après avoir dépassé la frousse initiale de tenter le théâtre, celle de monter sur scène, puis d'intégrer la troupe, Monsieur J et moi, on s'est frottés à la danse biodynamique. En effet, nos profs considèrent que pour améliorer notre jeu, il faut toujours élargir nos domaines de compétences, et donc s'ouvrir à d'autres disciplines (on a par ailleurs essayé le mime et l'impro vocale, plus tôt dans l'année). Bref, la danse, c'était pas gagné : mon corps et moi, on n'est pas bien copains (que je croyais). Résidus de complexes adolescents, "T'façon j'sais pas danser", peur du ridicule et du regard des autres... les raisons d'appréhender étaient nombreuses. Et pourtant ! Au bout de 2h de cours, je me suis retrouvée à tournoyer, onduler, sauter... M'exprimer, simplement. 

Le théâtre, c'est donc une des meilleures décisions de ma vie. Ça fait maintenant un an et demi que j'en fais, et je dois dire que je me suis sentie progresser. Passés les premiers temps où on joue des farces pour faire rire, on apprend à se dévoiler, aller plus loin, jouer juste et des choses parfois compliquées (comme être seule face à tous, sur une chaise, et parler de son cancer). Puis humainement, ça apporte beaucoup : confiance en soi, bien sûr, mais aussi rapport plus fluide aux émotions, liberté d'imaginer, de créer, bref, je m'épanouis de jour en jour aux côtés de chacun des comédiens, des deux enseignants et de Monsieur J. Je suis fière d'appartenir à cette troupe et remercie ses membres pour la bienveillance, la malice et le talent 💜

Avec ça, on vous souhaite même la bonne année !

Alors si vous êtes sur Grenoble et que vous aussi, vous voulez tenter l'aventure, vous pouvez vous inscrire au cours que j'ai suivi l'année dernière, tenter le coup dans les ateliers mensuels donnés en plus, ou venir nous voir en spectacles, également !

Des bisous 🎭 

Commenter cet article