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"La cour des Innocents" by Fabien Pesty

Publié le par Joanne

"La cour des Innocents" by Fabien Pesty

"La cour des innocents", c'est quoi c't'affaire ?, me direz-vous, totalement éberlués.

Déjà, si vous n'êtes pas trop teubés, et que vous avez bu votre café du matin, vous vous êtes aperçus qu'il s'agissait d'un livre. Un recueil de nouvelles, même. Oui, mais pas n'importe quel recueil : c'est l'un de ceux dont on se saisit avec curiosité (couv intrigante, design aérodynamique), et puis sans s'en rendre compte, on se fait embarquer pour ne le poser qu'après l'avoir lu d'une traite, comme ça, sans décrocher. Sur le cul, on finit ! Avec les doigts grelottant et la bave aux lèvres. Priant pour que l'auteur, Fabien Pesty, ait vite la bonne idée d'écrire un nouvel opus !

Je m'explique.

Le fond à lui seul vous tient en haleine : les quinze histoires sont la galerie émouvante d'une série de portraits poignants, qui lacèrent. Parce que le regard que pose Fabien sur ses concitoyens est parfois tendre, parfois cruel. Alors ça vous donne l'envie de consommer ses mots jusqu'à satiété. Bref, ça fait battre le cœur, tressauter l'appétit, frémir la compassion, hérisser les poils et ça mène parfois au bord des larmes.

Perso, "Emmène-moi danser ce soir" m'a fait chouiner, mais ça, c'est un secret.

Les textes sont quelquefois durs ("Le rouge qui tache", "La clinique de l'amour"), voire carrément sombres ("Roadhouse Blues"), ou vraiment glauques ("La caissière du péage de Chatuzange-le-Goubet"), pour autant, on tombe toujours sur un dénouement inattendu (particulièrement avec "Les valises"), tranchant, et surtout très JUSTE. Chaque nouvelle délivre son message, avec humour et poésie, et aucune d'elles n'est là par hasard ou pour répondre à un exercice de style. Ceci dit, ce n'est pas ce qui manque, le style ! (NB : trouver une transition moins grossière. Ou pas.)

Comment décrire cette plume ?

Je la dirais affûtée, acérée même, sans jamais être vulgaire. Fabien joue avec les mots, finement, et on sent qu'avec "La cour des innocents", il a kiffé la partie. Tant mieux, nous aussi. Chaque coin de page contient une perle, un trait d'esprit, un micmac malin et réjouissant. Personnellement, juste parce que ça fait du bien de lire quelqu'un qui écrit bien, j'ai dévoré puis relu "Au bout du monde, à gauche". C'est l'histoire d'un mec qui voyage jusqu'aux confins de la Terre pour répondre à une question qu'on lui a posée, bien des années auparavant, mais le narrateur le dit mieux que moi :

"J'ai globe trotté, j'ai parcs courus, j'ai bourgs lingués"

Ce genre de trucs, moi ça me fait plaisir aux yeux. Ah puis y'a autre chose aussi : la musique. Mine de rien, Fabien nous verse dans les oreilles un peu de Led Zeppelin, quelques Beatles, Jim Morrison, Noir Désir et d'autres... innocemment. Et moi, ça me plait beaucoup. Bref, c'est bien beau tout ça, mais y'a quand même un os... bah ouais, j'vais pas me lancer dans la critique élogieuse d'un auteur sans grattouiller de l'ongle un ou deux défauts. Fabien a un grand talent, c'est un chouette écrivain, et c'est toujours un peu chiant pour un autre chouette écrivain (Quoi ? Moi ?) puisque ça en fait un adversaire de taille. Et en plus, le mec a le mauvais goût d'être un chic type : intelligent, sensible, humble... bref, de ces casses-couilles qui nous les brise sec.

"La cour des Innocents" by Fabien Pesty

Ainsi s'achève cet article, et tu te doutes bien que si moi j'essaie de te vendre quelque chose (outre mes propres bouquins), c'est que ça vaut sacrément le détour. Alors empresse-toi d'aller commander le bouquin de Fabien. Tu peux aussi suivre son actu sur Facebook, ou même aller jeter un œil sur son blog.

Ah et Tomate ? Entre toi et moi, tu sais bien que je dis tout ça pour que tu continues à me bêta-lire gratos, mais comme j'ai vachement tapé dans l'emphase, je compte sur 10% de tes DA sur la tonne de bouquins que cet article va te faire vendre et...

Putain mais vous êtes encore là, vous ? On va commander le recueil, j'ai dit, OUST !

EDIT du 25/06/15 : Fabien a  eu la bonne idée d'écrire un nouvel opus. On l'remercie.

"La cour des Innocents" by Fabien Pesty

Illustré, ce second recueil de nouvelles est aussi bon que le premier, sinon meilleur. La même recette : plume aiguisée, personnages hauts en couleur,et toujours ce sadisme qui nous amène à flipper quand on s'approche de la chute, parce qu'on se demande ce que Fabien va encore leur faire tomber sur la gueule, à ses pauvres personnages.

Bref, on ne s’ennuie pas.

On s'horrifie, on se bidonne, on en redemande.

Petite nouveauté dans ce nouveau bouquin : l'aspect "conte" est mis en avant, avec beaucoup d'humour et de modernité. Perrault et les frères Grimm se font revisiter les mots, et ça, ce n'est pas pour nous déplaire. Mais pourquoi les contes ? Parce que l'auteur a pondu ce recueil suite à une trouvaille philosophique qui vaut le détour :

" À l'échelle de l'Histoire du Monde, l'Homme est un fait divers, son existence est une chronique, sa vie est un conte "

Je vous conseille vivement de vous plonger dans ces 18 nouvelles rustiques, bizarroïdes, dégueulasses, mignonnes, drôles, scandaleuses, truculentes, chelou, bref... terriblement humaines. Ça se consomme sans modération par ICI Et sinon, les frères Grimm ont publié ça sur leur Twitter (100% officiel, fuck les rageux qui diront Photoshop). Quand j'vous dis que Fabien, il pèse dans le game :

"La cour des Innocents" by Fabien Pesty

Commenter cet article

Isaac Frelon 07/10/2014 10:41

Tu sais vendre toi ! ça donne envie

Joanne 07/10/2014 10:43

Le Monsieur a du talent, ça aide, aussi :)