Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Mademoiselle brouillon (où comment je tombe de haut)

Publié le par Joanne

Mademoiselle brouillon (où comment je tombe de haut)

Nous sommes le 28 janvier 2014, j'écoute Elvis, et je sors de la Poste. Pas de mésaventure Corep cette fois, j'ai investi dans une imprimante dernier cri. Chouette, hein ? Bien, trêve de conneries ! Cet article est ici pour vous annoncer la naissance d'un nouveau bébé ! "Mademoiselle Brouillon" est mon quatrième livre, j'en ai entamé la rédaction l'été dernier, et je viens de l'achever, après doutes, corrections, hystérie et passion. Voici le petit mot que j'ai envoyé, parfumé, à une trentaine d'éditeur :

"Madame, Monsieur,

je me permets de vous envoyer pour examen le manuscrit ci-joint.
Il s'agit d'une fiction, ayant pour cadre le monde de l'édition, et pour héroïne une wannabe auteure mutine. Mise en abîme alcoolisée, j'espère que ce projet saura vous séduire.
Si toutefois il échouait à vous éblouir, ce petit billet désuet aura
le cœur brisé.
Cordialement,
Jo
anne "

Pour suivre plus en détails l'aventure de ce quatrième manuscrit, rendez-vous ici. En attendant la réponse des éditeurs, croisez les doigts pour moi !

EDIT du 30/05/14 : m'étant récemment replongée dans ce roman, je me suis posé plusieurs questions, celle résumant les autres étant : vais-je aller au bout de ce projet ?

Oui, les doutes relous, c'est maintenant.

Premièrement, ce manuscrit relate une époque révolue que je n'ai pas envie de faire revivre. Je ne me sens pas de l'aborder, ni de la vendre à un éditeur/lecteur/journaliste. Je ne l'aime plus, et il est difficile de s'impliquer à fond dans une telle aventure quand on ne trouve plus de charme à son objet et qu'on n'a pas envie d'en parler. Deuxièmement, le récit est trop particulier, pas assez universel. C'est plus un journal intime romancé qu'un roman à proprement parler. Et alors, me direz-vous, "Mets-moi en pièce", c'est pareil, non ? Bah justement, j'avais 20 ans, et ce qui a été fait n'est plus à faire, sinon on tourne en rond. Écrire pour soi, se dévoiler, c'est bien, mais écrire plus loin et imaginer, ce n'est pas mal non plus. Certes, quand je parle de mon nombril, je parle du vôtre, mais je n'ai pas envie qu'on me résume à cette meuf qui tape dans l'autofiction/auto-fantasme facile. Finalement, en toute objectivité, je me demande si ce projet présente un réel intérêt, outre celui d'être bien écrit. Vraiment, il est bogosse, la forme est affriolante, les parades stylistiques sont légions, et ma plume a bien évolué. Mais "Mademoiselle Brouillon" reste, selon moi, un exercice de style entre les "Nouvelles sans antalgiques" et la flamboyante suite, et dans ce cas, est-il bien utile de le faire publier ? J'arrive à un tournant où j'ai envie de montrer ce que je sais faire et ce qu'il y a dans les tréfonds, pas en surface. Je veux progresser tant sur le fond que sur la forme, plutôt que de faire bêtement (égoïstement ? ) lire ce que j'avais besoin de dire, et ce n'est pas avec ce roman que j'y parviendrai. Je crois qu'il va me griller de l'énergie et du temps, m'enfermer dans quelque chose qui ne me correspond plus, m'empêcher de me concentrer sur l'avenir, et me faire retomber dans des thèmes et un esthétisme dont j'ai déjà fait le tour avec mes deux premiers bouquins. Mon prochain projet, déjà entamé, est plus fort, plus audacieux, plus inventif, et me tient sincèrement à cœur. C'est lui que je veux pour troisième roman après le "virage nouvelles", c'est lui que je me sens de défendre, c'est avec lui que je veux qu'on juge d'un talent dans lequel j'ai envie de me reconnaître. Bien évidemment, si un éditeur qui me plait me contacte pour signer "Mademoiselle Brouillon", il sera dur de résister, mais il faut que j'assume mon choix, si pénible soit-il.

Bref, c'est un bon manuscrit, mais ses travers narcissiques le rendent mauvais. Ou plutôt... inutile : il parle d'amour, d'écriture, d'alcool, de tout et de rien, comme un énième premier roman, et il temps pour moi d'avancer. Et oui, c'est aussi ça, grandir : avoir la lucidité de faire taire son ego et réaliser que parfois, on écrit de la crotte. Voilà !

Ou moins trivialement : quand on écrit, on s'exprime, mais quand on s'exprime, on n'écrit pas toujours.

Tchin tchin, rideau.

Petite humeur, petite chanson, ainsi font, font, font.

EDIT du 06/06/14 : Tibo Bérard, des éditions Sarbacane (excusez du peu) me contacte pour me dire que le manuscrit n'est pas publiable... mais que j'ai "un ton, le sens de la formule, drôle ou piquante, mas aussi poétique". Il ajoute que mon style est "vif, pétillant et plein d'humour", et qu'on pourrait se rencontrer sur un autre projet, plus ambitieux. Bon présage pour la suite ? La réponse ICIC'est fou comme c'est bien, le blogging : tu édites un article en faisant des feintes, genre "la réponse ici", alors que dans la vie, il faut un an et demi de travail pour l'avoir, cette réponse. Hm.

Commenter cet article

Jaïka 29/04/2014 14:45

Tu as essayé chez P.O.L ? Ils publient des trucs trash, comme Dennis Cooper par exemple, ça correspondrait apparemment à ce que tu fais.

Jaïka 30/04/2014 19:45

Oui, je l'avais pas vue cette maison d'édition sur ta liste publiée sur le forum JE. Je sais pas si tu connais Dennis Cooper mais c'est du ultra-trash donc pas de risque qu'on te dise que tu es trop provocante ou chais pas qu'elle autre connerie du genre! Bonne chance surtout ;)

Joanne 29/04/2014 14:59

Hello Jaïka !
Non, j'ai pas tenté POL, mais c'est une bonne idée, merci ;)